- Paraît chaque dimanche à 8 heures tapantes, méridien de Paris -

dimanche 29 janvier 2017

- Et la Stasi, alors? - Non, RIEN à voir.


article précédent: Debout, Albanie!



L'iconostase, haute muraille de vermeil à cinq étages de figures (…) éblouit l'œil par sa fabuleuse magnificence. À travers les découpures de l'orfèvrerie, les mères de Dieu, les saints et les saintes passent leurs têtes brunes et leurs mains aux tons de bistre (…) Quel beau motif de décoration que ces iconostases, voile d'or et de pierreries tendu entre la foi des fidèles et les mystères du Saint-Sacrifice !

Théophile Gautier, 
Voyage en Russie

Théophile Gautier,  1811 - 1872
















Bonjour à toutes et tous!


Alors, à votre avis, de quelle racine va-t-on traiter aujourd’hui, mmmh?

Eh oui, j’en suis profondément désolé, mais en ce dimanche, ce sera ENCORE *stā-, “être debout”!


Allons, allons, ce ne sera qu'un tout petit moment à passer


Avec des dérivés que, peut-être, vous ne soupçonneriez pas…



Vous avais-je déjà parlé de cette forme dédupliquée *si-st(ə)-, basée sur le degré zéro de notre glorieuse *stā-: *stə-?

Question toute rhétorique, ne cherchez pas.
OUI, on en a déjà parlé, de cette forme dédoublée, quand nous avions entrepris de trouver l’étymologie de armistice.
résister, persister... Ces mots prennent à présent toute leur valeur.

En latin, *si-st(ə)- était devenue sistō, sistēre, “mettre en place”. 

Certes.
Mais on la retrouve aussi en grec ancien…

Où elle donnera également un verbe: ἵστημι, hístêmi, de sens équivalent: “placer, mettre en place…”. Ou encore “être / se mettre debout, arrêter, établir…”
Toute petite remarque: ἵστημι, hístêmi se retrouve aussi sous des formes alternatives (comme les faits de Donald Trump), comme le tardif ἱστάνω, histánō, ou le poétique στᾰτίζω, statízō.

Et autant que je vous le dise tout de suite: ce dimanche sera entièrement consacré à la progéniture du grec hístêmi, à qui nous devons tant...
Si si, n'insistez pas, c'est comme ça


Allons-y.

L’équivalent grec du cum latin, c’était… σύν, sún, “avec, ensemble.”

Maître Sún, avec. (Un  petit Scarabée devenu grand.)
(Kung Fu)


Bien. Maintenant, vous préfixez ἵστημι, hístēmi avec σύν, sún,
et vous obtenez… συνίστημι, sunístēmi: “placer ensemble, associer, unir…”.

Le substantif que l’on tirera de συνίστημι, sunístēmi, c’est … σύστημα, sústēma.
Que l’on pourrait traduire très génériquement par “un tout fait de plusieurs parties”.
D’où “gouvernement organisé”, “corps de soldats”, “collège de prêtres, ou de magistrats…”.
D’où enfin… machine, appareil.

Eh oui, notre système vient de là!
Nous l’avons emprunté au XVIème au bas latin systema, qui lui, donc, se basait sur l’ancien grec σύστημα.

système solaire à manger


Tiens, et si je vous demandais de créer un mot grec - soyons fous - qui signifierait littéralement “qui se tient devant”.
Évidemment, ce mot dérivera de ἵστημι, hístêmi.

Je vous aide: “devant” se dirait πρό, pro-, et “qui se tient (debout)”, ce serait στάτης, statês, basé sur l’adjectif στατός, statos, “debout, stable...”.

Oui?

Oui: προστάτης, prostatês. “Qui se tient devant”.

Ce mot sera employé, en toute logique, pour désigner le chef, le président, ou même le défenseur, le protecteur.

Dès le IIIème siècle, on l’utilisera en médecine pour désigner l’os hyoïde, qui, par sa position, vous protège le larynx.



En latin plus que tardif (on parle de 1875)
- vous vous doutez de la suite, non? -,
on reprendra le terme pour désigner cette glande “qui est devant”, car située chez l’homme à la jonction du col de la vessie et de l’urètre: la ... prostate.

"qui est devant", mais on la vérifie par l'arrière 



Le grec ancien avait créé, sur ἵστημι, hístêmi, le substantif στάσις, stásis : “le fait / l’action ... de poser debout, de dresser”. “L’action de se tenir”, d’où “stabilité, lieu, attitude…”.

Stásis pouvait encore désigner “ce qu’on pose debout”, “ce qui est posé”, comme une colonne, un pilier

À στάσις, stásis, on doit plusieurs mots français, parmi lesquels certains dont on se serait volontiers passé.

Commençons par ce mot qui me donne des boutons:

Apostasie.
Nous en avions parlé au moment où nous traitions de la racine indo-européenne *apo-, qui exprimait la notion d’éloignement: hors de, au loin…
Oui, il était passé chez Pivot pour son "apologie de l'apothicaire"...

Et rien n’a changé depuis, l’apostasie est toujours considérée comme un crime dans certaines parties du monde, et punissable de mort.

Le terme, employé tout d’abord en théologie chrétienne, signifiait abandon de la foi et de la vie chrétiennes.

À présent, c’est surtout quand il désigne l’abandon de l’islam
(au demeurant, religion de Paix et d'Amour ; les preuves éclatent au grand jour, mais aussi dans le métro, dans les aéroports, dans les marchés de Noël...),
 que le mot s’est fait si aimablement connaître.



De l’intégrisme islamique, véritable cancer de la société
- comme TOUS les intégrismes, ceci dit -,
à la métastase, il n’y a hélas qu’un pas vite franchi.

Au grec ancien μετά, metá (“au-delà, après”) correspond l’idée de changement d’état, donc de transformation, voire même de transcendance

Métastase,
croissance d’un organisme pathogène ou d’une cellule tumorale à distance du site initialement atteint,
nous vient du grec μετάστασις, metástasis, “transformation”.



Si metástasis correspondait à la transformation,
le grec ancien διάστασις, diástasis correspondait, lui, à l’idée de … séparation.

Oui, nous lui devons… diastase, ancien mot employé (jusqu'à la fin des années soixante) pour “enzyme”.

Quant à “diastasis”, comme dans "diastasis tibio-péronien”, on l'utilise toujours en chirurgie:
Écartement, séparation de deux os qui étaient contigus, et particulièrement du tibia et du péroné, du cubitus et du radius.


Ah, la traduction, c’est tout un art.
Et j’en profite ici pour rendre un vibrant hommage à tous mes amis traducteurs, dont certains s'en sont sortis brillamment. Même si d’autres font toujours de la traduction.
Perso, je trouve ça bien pratique

Quand on vous demande de traduire en anglais un terme imaginé par le philosophe allemand Johann Gottlieb Fichte fin du XVIIIème, que vous avez déjà plusieurs fois dit “non”, mais qu’on insiste et qu’on vous fait comprendre que ce sera ça, ou plus rien, alors, après avoir vainement tenté de vous pendre puis de vous noyer, vous vous forcez à relire et comprendre - en contexte, excusez du peu - ledit terme:

Wissenschaftslehre.



Et si vous êtes James Frederick Ferrier, écrivain et métaphysicien écossais du XIXème, vous traduirez cet horrible Wissenschaftslehre par un mot encore plus infâme que l’original, rien que pour montrer au monde à quel point vous haïssez la traduction des termes philosophiques allemands de la fin du XVIIIème en particulier, et le monde en général.

Epistemology”.

Voilà ce que ce bon James Frederick Ferrier
- il l'était du moins avant de tomber sur Wissenschaftslehre -,
né le 16 juin 1808 à Édimbourg, et que l’on retrouva suicidé d’une soixantaine de coups de couteau dans le dos le 11 juin 1864 à St Andrews, réussit à vomir à la face du monde.

James Frederick Ferrier

Il créa ce néologisme sur le grec ancien ἐπιστήμη, ‎epistḗmē, “science, connaissance”, lui-même composé de ἐπίσταμαι, ‎epístamai, “je sais” et de -λογία, -logía, “discours”.

Cet ἐπίσταμαι, epístamai, “savoir, connaitre…” n’était, vous l’aurez compris, qu’un composé de ἵστημι, hístêmi, “poser…” et de ἐπί, epí, “sur”.

Oui, pour les Grecs, pour savoir, pour connaître, il fallait regarder d’en haut, se détacher de l’objet pour mieux y poser le regard et l’observer.
Il fallait ainsi “se tenir au-dessus” du sujet d’étude.
Petite précision: 
Pour James Frederick Ferrier, epistemology se comprendra - et c’était une excellente traduction de l’original - par “étude de la connaissance”, en général. 
Une fois francisé, le mot revêtira plutôt un aspect critique, et se comprendra dès lors comme “étude critique des sciences et de la connaissance scientifique”.

Sidérant


Dans les églises de rite byzantin, particulièrement orthodoxes, vous trouvez une grande cloison couverte d’icônes, qui sépare les lieux où se tient le clergé célébrant du reste de l'église.

un peu comme ça

L’iconostase.

Le mot nous vient du russe иконостас, ikonostás, toujours descendant de στάσις, stásis, mais cette fois par le grec ... Allez, comme le rite... OUI! byzantin.

Mais non, ce n'est pas du tout chargé, enfin, voyons?!


Allez, une dernière!

Mais ici, c’est vous qui ferez le boulot.

Le mot à chercher: c’est un emprunt au latin ecclésiastique, qui pourrait se traduire littéralement par “fait d’être hors de soi”. 
“Déstabilisation”, d’une certaine façon, très très littérale.

Il est toujours basé sur notre στάσις, stásis.

Le mot est composé de deux éléments…

Le premier? Un préfixe signifiant “hors de”, 
Le second? Ben, la francisation de στάσις, stásis.


Vous avez trouvé?

OUI!!!

Extase. Du latin ecstasis, emprunté au grec ἔκστασις, ékstasis.
À l’origine, dans le vocabulaire religieux, le mot désigne l’état particulier d’une personne, transportée hors d’elle-même, en union intime avec la divinité.
Ensuite, par analogie, il prendra le sens profane d’“état d’exaltation”, pathologique ou non.

The Spirit of Ecstasy


Ah oui!
Et surtout, arrêtez de croire que Anastasia, ce si doux prénom, se composerait de stásis (fait d'être debout” précédé d'un supposé privatif  ana-”. 

NON, Anastasia ne veut pas dire, et n'a JAMAIS voulu dire “qui n'est jamais debout”, “qui est plus souvent couchée que debout”.

Marre de ces remarques désobligeantes et méprisantes sur les Anastasia, genre “à 25 ans, elle avait déjà regardé plus de plafonds que Michel-Ange durant toute sa vie”, ou il n'y a que le tram qui ne lui soit pas passé dessus
C'est simplement machiste, misogyne, petit, et tout bonnement indigne.

Une certaine Anastacia, que je ne connais pas, mais qui illustre bien le
propos



Et moi, je vous laisse pour aujourd’hui…

Je vous souhaite, à toutes et tous, un très beau dimanche, et une très belle semaine!





Portez-vous bien,

Frédéric


Attention, ne vous laissez pas abuser par son nom:
on peut lire le dimanche indo-européen CHAQUE JOUR de la semaine!
(Mais de toute façon, avec le dimanche indo-européen, c’est TOUS LES JOURS dimanche…).


Pour nous quitter, osons toucher à l'extase,
avec Anne-Sophie Mutter nous interprétant
la Sarabande de la Partita n°2 en ré mineur, BWV 1004,
de Jean-Sébastien Bach, forcément.




dimanche 22 janvier 2017

Debout, Albanie!




La maison n'est pas fondée sur le sol, mais sur la femme.

Proverbe albanais.

Certains Albanais, disons plus rugueux, y rajoutent “d'ailleurs, on parle de terre battue




Bonjour à toutes et tous!


La racine indo-européenne *stā-, “être debout”.

Jusque là…

Ah oui, j'allais oublier!




*stā-, c'est clair, on la tient bien.

Nous avions commencé son étude le 25 septembre 2016, et on n'en a toujours pas fait le tour...




Bon, refaisons vite une récapitulation de ce que l'on en sait déjà, ça s'impose.
(Rien que pour moi, c'est déjà ça.)

Récapitulation du Procez du Vicomte de Goesbriand
contre le Marquis de Ksauson

Nous avons vu que de *stā- nous seraient arrivés, notamment:

fauteuil, steed, stud

un fauteuil pour (*steh) deux, dimanche 25 septembre 2016

ester, étable, établir, étage, stable, stage, station
l'étage, là, au-dessus de l'étable, il est vraiment stable?, dimanche 2 octobre 2016

estance, estancia, étai, étançon, stake, stance, stanza
María-Felicia García a passé son enfance dans une estancia, dimanche 9 octobre 2016

certaines formes du verbe être
Être ou ne pas être, cogito ergo sum, et toutes ces sortes de choses..., dimanche 16 octobre 2016

estate, état, état-major, state, statue, statuer, stature, statut
La Statue de la Liberté? Aux Etats-Unis., dimanche 23 octobre 2016

arrêté, arrêter, circonstance, constant, étancher, reste, rester
un article de circonstance..., dimanche 30 octobre 2016

constater, contraste, cost, coût, mais PAS l’anglais rest
quel contraste, entre le coût constaté de la vie et le discours des politiciens..., dimanche 6 novembre 2016

armistice, assister, interstice, persister, résister, se désister, subsister
résister, persister... Ces mots prennent à présent toute leur valeur., dimanche 13 novembre 2016

constituer, destituer, instituer, instituteur, prostituer, restituer, rite, statut, substituer, superstition
la prostitution, comme substitut à la superstition?, dimanche 11 décembre 2016

consubstantiel, distance, distanciation, instamment, instance, instant, instantane, substance, substantif, substantifique
“Et c'est dans ma chevelure ébouriffée, Qu'il va le plus me manquer”: ici-aan, vous voyez, l'actrice-aaan se met en danger-aaan en se distanciant du texte-aaan., dimanche 18 décembtre 2016

nonobstant, obstacle, obstétricien, obstétrique, ôter
Un bien drôle de Noël..., dimanche 25 décembre 2016

-stan, stir, старый
trop remuant, le vieux Russe fut mis en prison en Ouzbékistan, dimanche 1er janvier 2017

étaim, étamine, stamina
chacun chez soi, et la laine des moutons sera bien cardée, dimanche 8 janvier 2017

estaminet, stalag, Stammcafé, stammer, stem, stom
Quel était le nom du Stammcafé de Michel Delpech?, dimanche 15 janvier 2017


C’est là qu’on en était resté.

Cette racine est tout bonnement incroyable.


Pour l’article de ce dimanche, je voulais un peu sortir des sentiers battus.

Vous proposer un article à la forme et au contenu différents de ce que je vous livre habituellement.
Et vous parler d'une langue que j’aborde finalement rarement.

L’albanais.

Oui, car, croyez-le ou non, l’albanais est une langue indo-européenne, de la branche Centum.
Centum? Hello, il y a quelqu'un à la maison?

Cette notion capitale de Centum ne vous dit RIEN? Mais enfin?? Relisez ceud mìle fàilte chez les Tochariens (A), c'est tout ce que je peux vous dire. J’insiste. Et je vérifierai.

Mais, de quel groupe linguistique fait-il partie? 
Euh… En fait - comment dire... -, l’albanais, euh... de par ses caractéristiques .... spécifiques, forme ... un groupe .... à lui tout seul

source: http://new.multitree.org/trees/id/19655

Oui, c’est un peu le Rémy Bricka des langues indo-européennes. (et je vous rassure tout de suite: non, je ne vous infligerai pas une vidéo de l’homme-orchestre à la fin de l’article. Même si c'est vraiment tentant. Ne me poussez pas.)



Notez que l’albanais n’est pas la seule langue indo-européenne à former un groupe à elle toute seule: il y a aussi l’arménien, et le grec. Il s’agit en réalité des seules langues survivantes au sein de leurs groupes respectifs.

Et pour tout vous dire, on s’échine encore à essayer de rattacher l’albanais à l’un ou l’autre groupe, car cette langue si particulière présente malgré tout des traits communs avec les langues germaniques et celles du groupe balto-slave. Et a aussi beaucoup emprunté au latin.

Même si sur le schéma plus haut, on fait dériver en droite ligne l’albanais (ou en tout cas le proto-albanais) de l’indo-européen commun, il semblerait, selon les dernières études, qu’il dériverait plutôt d’une langue paléo-balkanique non-définie, ou carrément inconnue ; certains le rapprochent ainsi des langues thraces ou illyriennes. Mais il faut bien dire qu’on ne sait pas grand-chose non plus de ces dernières. 
(Mais franchement, qui ça peut intéresser, les langues thraco-illyriennes? Je vous demande un peu...)
Un vinaigre balsamique
tellement vieux qu'on
pourrait le qualifier
de paléo-balsamique

L’albanais, qui compte encore plus de cinq millions de locuteurs - cinq millions selon la police, plus de huit millions selon les organisateurs -, n’existe plus, en gros, que sous deux formes, deux grands dialectes: le gegë (le guègue) et le toskë (le tosque). 

Entre les deux, telle une formidable isoglosse ...,
- Isoglosse, maisje?
- Je vous l'avais dit, pourtant, qu'il fallait relire ceud mìle fàilte chez les Tochariens (A)! Non? Ah là là...
le Shkumbin, fleuve dont la source se situe dans les montagnes -  ce qui est, somme toute, assez fréquent, mais bon -, au sud-ouest du lac d’Ochrid, et qui se jette dans la mer Adriatique au nord-ouest de Divjakë.
Je vous jure, je n’invente rien.
Ah, le grand, le beau, le majestueux Shkumbin
Au-dessus du Shkumbin, en rouge, le guègue, et au-dessous, le tosque

Ils sont comme ça, les Albanais: mettez-les près d'un fleuve, sur une des rives il parleront le guège, et sur l'autre le tosque

C'est d'ailleurs une astuce bien connue, à retenir si vous vous perdiez à Bruxelles: demandez-y votre chemin à un représentant de sa petite communauté albanaise: s'il vous répond en guège, c'est que vous êtes sur la rive est du Canal de Willebroek, s'il vous répond en tosque, c'est que vous êtes sur la rive ouest. Imparable 

Oui Monsieur.
Certains ont une Seine ou une Tamise, nous on a le canal de Willebroek.

Offrez un poisson pêché dans le canal de Willebroek à un pauvre,
il sera malade un jour.
Apprenez-lui à pêcher dans le canal de Willebroek, il sera malade toute sa vie

Les grandes différences entre le guègue et le tosque?

Outre des différences de vocabulaire, 
le guègue se caractérise par l’emploi de voyelles nasales (oui, comme en liégeois - les Belges me comprendront), et par l’absence de rhotacisme.
Un doute sur le rhotacisme? C’est ici que ça se passe: rhotacisme? Moi je n'aime pas ce garçon
Quand au tosque, il se distingue par l’absence de voyelles nasales
(contrairement au liégeois, où toutes les voyelles sont nasales, et même en fait toutes les consonnes, et aussi tous les signes de ponctuation), 
et par l'emploi du rhotacisme.

D’autres questions?


Eh bien - et voilà enfin où je voulais en venir -, en albanais, le verbe shtãj, “être stable, arrêter”, dériverait de notre *stā-, via le proto-albanais *stan-.

Et pour être précis, à sa source, on trouverait une forme suffixée de notre *stā- bien-aimée*stā-no-, qui aurait pu être vraisemblablement un adjectif verbal (un participe - présent ou passé - employé comme adjectif)


Tiens, tout à l'heure, je vous parlais de l'arménien...
Eh bien, en arménien, notre *stā- a donné le verbe stanam, “se lever” (mais oui: se mettre debout).


Bon ben voilà.
On va en rester là.

- Mais, mais??? Quoi, Tout ça pour ça??
- Ah, bonjour, et bon dimanche à vous aussi!
Oui. Hélas, mes activités professionnelles sont bien présentes, et m'empêchent de passer plus de temps sur le blog.
Je suis à nouveau en train d'étudier, en plus ; ça ira mieux... plus tard.



On se retrouve dimanche prochain?

D'ici là, portez-vous bien!
Je vous souhaite un très beau dimanche, et une très très belle semaine!



Frédéric

Attention, ne vous laissez pas abuser par son nom:
on peut lire le dimanche indo-européen CHAQUE JOUR de la semaine!
(Mais de toute façon, avec le dimanche indo-européen, c’est TOUS LES JOURS dimanche…).


Allez, on se quitte avec un court morceau du compositeur albanais Aleksandër Vezuli, 
la Rhapsodie albanaise pour orchestre symphonique.

Morceau intéressant à plus d'un titre, car rassemblant des influences slaves, de la musique folklorique albanaise, et un soupçon de romantisme germanique.

(Surtout, baissez le volume. Je vous aurai prévenus)



dimanche 15 janvier 2017

Quel était le nom du Stammcafé de Michel Delpech?





Elle tenait un petit estaminet tout près de Lens, une affreuse baraque de planches où l'on débitait du genièvre aux mineurs trop pauvres pour aller ailleurs dans un vrai café.

Journal d'un curé de campagne (1936)

Georges Bernanos

Georges Bernanos, 1888 - 1948














Bonjour à toutes et tous!


Au menu de ce dimanche, encore et toujours la racine indo-européenne *stā-, “être debout”.





- Quoi? Mais j'en peux plus, moi! C'est intenable, ça! JE NE PEUX PLUS VOIR EN PEINTURE cette 'tain de *stā-!! Et en plus, à chaque fois, une s*loperie d'animal à la c*n debout pour commencer l'article. MARRE!

- Oui, je vous comprends. Je dois bien reconnaître qu'elle est bien prolifique, la petiote, et qu'elle nous occupe depuis déjà pas mal de temps...

Mais bon, courage, on en viendra à bout.

Un jour.






Dimanche dernier, nous avions abordé sa forme suffixée *stā-men-, à l’origine de nos français étaim et étamine, ou encore de l’anglais stamina.


Aujourd’hui, je vous propose une petite balade au sein du groupe germanique, peut-être un peu délaissé ces derniers temps...
Ce qui me permettra, par la même occasion, de répondre aux pertinentes interrogations d'une lectrice, qui se reconnaîtra...

Car, voyez-vous, en proto-germanique, on peut encore recréer une forme (non-attestée) *stamniz
- c’est du moins ainsi que Watkins l’identifie -
basée sur une forme finalement très proche de notre indo-européenne *stā-men-, même si construite cette fois sur le degré zéro de notre fantastique *stā-
(degré zéro, donc? donc...? Sans, sans… voyelle-pivot, bien!),
*stə-: *stə-mno-. (le a du degré plein y est remplacé par un schwa, muet)


*stə-mno-, rien de surprenant, désignait toujours “quelque chose qui tient debout”.
Mais ici, plus précisément… le tronc d’un arbre, la tige d’une plante…



Ce *stamniz germanique, via le vieil anglais stęfn, donnera l’anglais… stem.

Stem?

En tant que substantif, le tronc, la tige, le pied d’un verre, la hampe d'un drapeau… 


Stem cell, c’est aussi la cellule souche.


En tant que verbe: 
to stem se traduira par enlever la tige, équeuter.

To stem cherries signifiera tout simplement équeuter des cerises.

















La forme to stem from correspondra, elle, à “provenir / découler / dériver - de…”.
Oui, pensez ici à la façon dont un arbre croît, à partir de son tronc. À la relation entre la branche et le tronc“La branche provient / découle / dérive du tronc”. 
cette vieille branche de Dutronc
Psss! Attention, il y a plusieurs verbes anglais stem!  
To stem, dans le sens de contenir, endiguer, stopper… ne vient pas de *stamniz, mais du germanique *stimman, stopper, endiguer… ”.
De là, par exemple, le suédois stämma ou l’islandais stemma, tous deux dérivés de *stimman par … [aaaaaah] ... le vieux norois … stemma. 
C’est encore de ce germanique *stimman, stopper, endiguer… ”- qui n’a donc RIEN à voir avec le sujet du jour - que dérive l’adjectif germanique de timbre o *stamma, “bégayant, balbutiant” (mais oui, “dont le flux de parole est ralenti, endigué”), duquel découlera, bien plus tard, l’anglais stammer (bégaiement / bégayer, balbutiement / balbutier). 
C’est toujours sur le germanique *stimman que se construira enfin une autre forme germanique adjectivale de timbre o: *stumma, “muet”, dont proviendra par exemple le néerlandais stom, muet, silencieux, 
mais aussi, par extension, idiot, stupide…



Mais revenons un instant à notre germanique *stamniz.
(je vais trop vite, peut-être? Oui, c’est ça, *stamniz c’est le dérivé de notre *stə- par sa forme *stə-mno-).

Par le vieux haut-allemand stam (“tige, tronc…”), il a donné - et c’est nettement moins gai - l’allemand Stalag, désignant, pendant la deuxième guerre mondiale, un camp allemand de prisonniers de guerre destiné aux soldats et aux sous-officiers (le pendant pour officiers étant l’Oflag”).



Stalag - vous le savez peut-être - n’est que l’abréviation de Stammlager (“camp de prisonniers de guerre”), lui-même abréviation de Mannschaftsstamm und -straflager.
(On comprend pourquoi les Allemands, réputés si pratiques et pragmatiques, en avaient fait une abréviation.)
Mannschaft, c’est la troupe, Strafe la punition, et Lager le camp.

Le terme qui nous intéresse ici, Stamm, pourrait se traduire, en contexte, par regroupementMannschaftsstamm se comprenant alors comme regroupement des hommes de troupe, et Mannschaftsstamm und -straflager comme camp de regroupement des hommes de troupes et de punition.

Oui: Stamm, “tronc”, “radical” peut également se comprendre comme “ce qui provient de”, ce qui a (quelque chose) en commun, à l’origine“. 
(pensez toujours à cette représentation d’un arbre, avec toutes ses branches, similaires parce que fixées sur le même tronc)

D’où cette acception, en sociologie, de “regroupement, famille, groupe, tribu”…


Un dérivé nettement plus sympa de Stamm, c’est Stammtisch!
Stamm, “tribu”, Tisch, “table”: littéralement “table de la tribu”.

Le Stammtisch, c’est la table des habitués, dans un bar, une auberge, réservée par exemple aux membres d'une association locale de yodleurs.



Et le Stammcafé, c’est le café où on se retrouve systématiquement avec sa bande de potes, le camp de base, le “quartier général”, l’endroit où on fait partie des meubles…



Et ça tombe très bien!

Car cela me fournit une sublime transition vers notre dernier mot de ce jour…

Qui, lui, est bien français. Et tellement pittoresque...


Estaminet.


Selon Le Grand Robert de la langue française:
Cabaret où l'on buvait et fumait (d'abord en parlant de la Flandre, puis de l'Allemagne, de la Hollande…); assemblée qui s'y tenait.
(De 1830 environ à 1870). En France, notamment à Paris, Café ou brasserie où l'on pouvait fumer la pipe (les cafés où l'on fumait le cigare, la cigarette, se nommaient divans). 
(1909). Régional et vieilli. Petit café populaire, dans le Nord de la France, en Belgique (mais le mot n'y est plus usuel).

estaminet


L’étymologie du mot est vraiment discutée.

Mais les quelques hypothèses un peu décentes quant à son origine font toutes référence à notre adorable racine indo-européenne *stā-, et vraisemblablement, par sa forme *stə-mno-, au germanique *stamniz, ou du moins à une source qui en est méchamment proche.

Pour Alain Rey, citant me semble-t-il, mais sans les nommer, le Dictionnaire général de la langue wallonne et Maurice Delbouille, estaminet serait un emprunt du XVIIème au wallon staminê, èstaminê, peut-être dérivé du wallon stamon, “poteau auquel on attache la vache près de sa mangeoire”, l’estaminet étant à l’origine une salle munie de plusieurs poteaux de soutènement, apparemment caractéristique des salles de cafés de Wallonie.

Maurice Delbouille,
linguiste belge du français et du wallon
1903 - 1984




















Une légère variante, toujours tirée du domaine de l’élevage bovin?
Le wallon staminê signifierait bien “salle à poteaux”, mais dans le sens d’étable.

Oui, dans les étables des Ardennes belges, la place de chaque vache dans les mangeoires était délimitée par des piliers (les fameux stamons).

Quoi qu’il en soit, le wallon stamon, vous l’avez compris, dériverait, tout comme le vieux haut-allemand stam (“tige, tronc…”), d’une source germanique apparentée à *stamniz.


Une autre hypothèse serait tout simplement que le mot provient du flamand stam, étroitement apparenté étymologiquement - et sémantiquement - à l’allemand Stamm dans le sens de “tribu, famille”. 

Avec estaminet, on disposerait ainsi, en quelque sorte, d’un équivalent français à l’allemand Stammcafé.

En tout cas, ce serait plutôt dans le sens bien sympathique de “lieu de regroupement”, “où l’on est en famille” qu’il faudrait comprendre l’estaminet.
Estaminet aurait pu peut-être même, à l’origine, désigner tout simplement (le lieu d')une réunion de famille.


Amusant:
D’autres théories nettement plus fantaisistes font venir estaminet du flamand stamelen, balbutier, bégayer bredouiller, rappelant l’état dans lequel on retrouvait les habitués du lieu.
Oui, ici, il est fait référence à cet autre germanique, qui n'a RIEN à voir avec *stamniz: *stimman.

On évoque encore une corruption sonore à l’origine du mot: figurait à l’entrée de ces établissements un écriteau “Sta Menheer” (“Arrêtez-vous, Monsieur”, en flamand).

Cette phrase caractéristique serait devenue l’enseigne même de ces bistrots, au point que l’on disait “allons au sta menheer”, qui devint plus tard “allons à l’estaminet”.

Je n’y crois pas un seul instant. Mais bon, c’est toujours bien notre *stā- qui se cacherait derrière cette version…


Oh, il y en a encore d’autres, d’étymologies proposées à estaminet, comme celle-ci, qui le fait remonter à l’époque espagnole. 
“Está un minuto”: lieu où on passe boire un verre rapidos


Moi, personnellement, j’aime bien la version stam, “famille”…



Et je vous souhaite, à toutes et tous, un excellent dimanche, et une très belle semaine!

À dimanche prochain?



Frédéric

Attention, ne vous laissez pas abuser par son nom: 
on peut lire le dimanche indo-européen CHAQUE JOUR de la semaine!
(Mais de toute façon, avec le dimanche indo-européen, 
c’est TOUS LES JOURS dimanche…).



Un hommage à Michel Delpech, pour nous quitter.

"Chez Laurette", tel qu'il le décrivait, c'était bien un Stammcafé...



article suivant: Debout, Albanie!

dimanche 8 janvier 2017

chacun chez soi, et la laine des moutons sera bien cardée







La Grenouille et le Rat, Jean de La Fontaine

La ruſe la mieux ourdie
Peut nuire à ſon inventeur :
Et ſouvent la perfidie
Retourne ſur ſon autheur.

Fables de La Fontaine


(La ruse la mieux ourdie
Peut nuire à son inventeur;
Et souvent la perfidie
Retourne sur son auteur.

Sables de La Sontaine)







Bonjour à toutes et tous!


Dimanche dernier, nous nous étions baladés jusqu’aux confins du monde indo-européen…

En ce dimanche, on va essayer de se restreindre, après tous ces excès.

Ben oui, je pensais aussi à ces autres excès...


Je vous proposerai donc de revenir, dans le cadre de notre tour d’horizon des dérivés de la racine indo-européenne *stā-, “être debout”, à notre cher bon vieux ... latin.


Dimanche dernier, nous avions évoqué deux formes suffixées de notre prodigieuse *stā- indo-européenne: *stā-ro- et *stā-no-.

Aujourd’hui, parlons de … *stā-men-.

Le suffixe *-men- servait à créer des noms, à substantiver la racine verbale.
On pourrait donc traduire cette forme *stā-men- par quelque chose comme … “ce qui est debout”.
“L'être - ou la chose - debout”


*stā-men- se retrouve telle quelle en latin.

Oui, dans le latin… stāmen (au génitif, ‎stāminis).

Ce que stāmen désignait? Le brin de fibre, le fil, le filament…

À l'époque, peut-être pas ce brin de fibre-

















Plutôt celui-ci.











- Mais, enfin??? C’est ridicule! T’as d’jà essayé de faire tenir un fil debout? Aucun rapport, enfin!
- Oh, bonjour, et bon dimanche! Vous avez bien dormi? Ou pas, je le crains…

C’est vrai qu’il peut sembler étrange d'appliquer la notion de “qui tient debout” à un fil.

Mais pas d’inquiétude, tout s’éclaira bien vite, quand vous saurez que le latin stāmen désignait avant tout le fil de trame (ou par extension, la trame en elle-même), ce qu’on appelle également la chaîne. La chaîne du métier à tisser.

- Mais ???












- Je peux continuer? Et si vous vous resserviez un bon petit café?

Le métier à tisser antique - pas seulement romain, mais grec, gaulois, celte… - était vertical, et les fils de trame pendaient verticalement, lestés, sous le métier.

On pouvait donc voir ces fils comme étant debout! (même si par l'autre bout)

métier romain

















ou gallo-romain






















Stāmen désignera finalement tout type de fil, du fil d’Ariane au fil de la quenouille.

Par métonymie, il désignera même l’ourdissoir, l’appareil sur lequel les tisserands mettent le fil quand ils ... quand ils? Allez, on fait un effort: .... ourdissent, OUI!
Eh oui, avant d’ourdir une machination, on ourdissait,
sur un ... ourdissoir,
les fils de la chaîne d’une étoffe, d’une toile, pour pouvoir les monter ensuite sur le métier à tisser proprement dit.
ourdissoir, 1922 après J. - C.

L'infâme Moriarty,
particulièrement apte à ourdir tous types de machinations



Ceci étant dit, quels pourraient être les dérivés français du latin stāmen?

Mmmh?

Commençons par ... étaim.
Avec un m, oui.

Étaim? Maisje?











Si l’on en croit Le Grand Robert de la langue française:
La partie la plus fine de la laine cardée.
(on parlera de filer de l'étaim ; ou de fil d'étaim, obtenu par le filage de cette laine.)

Oui, la laine cardée est une laine démêlée grossièrement (contrairement à la laine peignée, démêlée de façon nettement plus polie et éduquée).

Laine cardée, même si fuchsia



Et puis, oui, nous devons au latin stāmen nos… étamines.

Oui, nos. Car nous en connaissons deux, d’étamines

Il y a tout d’abord étamine, emprunt - par une forme non attestée *stamina - au latin médiéval staminea, féminin substantivé de l’adjectif stamineus, entendez “pourvu, garni de fil”.

La staminea était une chemise en laine, portée par les moines.

Alain Ray nous explique qu’à partir du XIIème, le français étamine désignera, dans la même veine,
un tissu léger, de laine ou de coton, qui servait en particulier à confectionner un vêtement porté par les moines. 

Aujourd’hui, le terme, devenu technique, désigne
une étoffe légère et souple dont la tissure est très lâche. 
(probablement par manque de confiance en elle).


robe en étamine


Et puis, il y a ... étamine, emprunt nettement plus récent, de la fin du XVIIème, au latin scientifique stāmina, neutre pluriel du latin classique stāmen.
Organe mâle producteur du pollen chez les plantes phanérogames, situé à l'intérieur des enveloppes florales et formé d'une partie allongée (le filet).
(oh merci Le Grand Robert de la langue française)
Cerisier - Prunus Avium - Etamine et Pistil
(source)


Nous retrouvons encore le latin stāmen en anglais, cette fois, avec stamina, “résistance, endurance…”

He's got stamina se traduira par “il est résistant”, “il a de l'endurance”…

Curieux, cette idée de résistance associée à un bête fil?? 

Mais non, car justement, le latin stāmina était bien un pluriel!
(rassurez-moi, vous lisez quand même chaque ligne de cet article, ou une ligne sur deux?) 
C’est précisément parce que le terme, au pluriel, désigne PLUSIEURS fils qu’il peut représenter les nombreuses, les abondantes ressources (physiques, morales, nerveuses ou intellectuelles) dont quelqu’un dispose, d’où cette notion de vigueur, de résistance qu'il véhicule.




















Pas mal, non?

Vous auriez fait le lien, vous, entre “être debout” et étamine - dans ses deux acceptions, qui plus est -, ou l’anglais stamina, endurance?


Notre racine *stā-, sous sa forme *stā-men-, elle aussi pleine de ressources, n’en est cependant pas restée au latin et à ses dérivés français et anglais.

Car on la retrouve aussi en grec ancien, avec par exemple le verbe ἵστημι, hístêmi, “placer debout”, “soulever”, “immobiliser”, ou encore, simplement “se tenir debout”

Sur ἵστημι s’est construit notamment le masculin στήμων, stếmôn, qui reprend en gros les mêmes définitions que le latin stāmen: “chaîne de tisserand, fil de la chaîne, trame…”.
(au point, d'ailleurs, que l'on pourrait supposer le latin stāmen emprunté au grec stếmôn)

Et c’est pas tout!

En lituanien, stomuõ désigne la stature, la taille.

Le Lituanien Zydrunas Savickas, à l'imposante stature


Dans les langues celtiques, aussi, on retrouve notre forme *stā-men-

En vieil irlandais, via une forme intermédiaire *tâmo-, il y avait tàmh, “repos”, “se reposer”, qui donnera l’irlandais támh, “paix, tranquilité, quiétude…”

vous l'attendiez, forcément: vieil irlandais

De sens identiques, nous trouverons également le gaélique écossais tàmh


En gotique?

Mais oui, soyons fou!

Stōma, “motifs sérieux, raisons valables…” Tout ce qui “tient debout”, au sens figuré.


Dans les langues tokhariennes? Bingo!




En tokharien A: ṣtām, et en tokharien B: stām 

C'est ici qu'elles se parlaient, les langues tokhariennes, dans le bassin du Tarim.


Et en sanskrit, peut-être, mmmh?

YESSS: स्थामन्, sthAman, “stationpuissance... (toujours à associer à cette idée de “ce qui est debout”)





Bon ben voilà.

Chers lectrices, chers lecteurs,

je vous souhaite un excellent dimanche, et une très belle semaine!





À dimanche prochain?


Frédéric

Attention, ne vous laissez pas abuser par son nom:
on peut lire le dimanche indo-européen CHAQUE JOUR de la semaine!
(Mais de toute façon, avec le dimanche indo-européen, c’est TOUS LES JOURS dimanche…).

***

Allez, on se quitte avec le sublime Stabat Mater (la mère se tenait debout), de Pergolesi. 
Il s'agit évidemment de Marie, souffrant lors de la crucifixion de son fils Jésus-Christ.

Stabat Mater dolorosa
Juxta crucem lacrimosa
dum pendebat Filius.

Elle était debout, la Mère, malgré sa douleur,
En larmes, près de la croix ,
Tandis que son Fils subissait son calvaire.


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